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Je vais essayer de détailler quels peuvent être les problèmes (maladies, ravageurs) qui se posent pour un maraicher en cette saison (fin juin 2007 - très humide)...en tout cas pour moi, car la liste n'est pas exhaustive...

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=> les 3 stades de la cocinelle : adulte à droite, la larve au centre qui est la plus vorace mais moins mobile (un peu violette), la "chrysalide" dirons nous qui est le stade intermédiaire entre le passage de la larve à la coccinelle pour une nouvelle génération.

Cocinelle = prédateur du puceron

Elles se développent spontanément lorsqu'il y a du puceron (mais pas tout de suite !), et en l'absence de traitement dévastateur et inconsidéré, et peut rester sur place l'hiver si elle trouve des refuges (écorces, tas de bois...)

Personnellement à la première apparition de pucerons (surtout sur melons), j'ai passé du purin d'ortie qui est un petit répulsif du puceron ; ça a limité l'invasion mais à tout de même laissé quelques pucerons en vie permettant l'installation des cocinnelles. 
A partir de là lors de la 2eme vague d'attaque des pucerons (melons, courgettes, aubergines), j'ai décidé de ne pas utiliser d'insecticide végétal, qui pouvait aussi atteindre les larves de cocinnelles, malgré une attaque importante. 
J'ai observé l'évolution quotidiennement et suis assez satisfait du résultat. Certaines plantes ont eu du mal (certaines ont été sacrifiées même) mais dans l'ensemble la végétation a bien résisté et est bien repartie. 
Par contre maintenant les cocinnelles sont présentes un peu partout dans le champ et j'ai tous les stades en même temps (larves, coccinelle et "chrysalide"). Autant que les prochains pucerons qui vont s'aventurer vont avoir du mal à s'implanter en masse...il en restera juste assez pour nourrir mes petites "bête à bon dieu" !

L'objectif est aussi de favoriser leur hibernation afin de maintenir leur présence pour le printemps prochains.

2007-06-26-fs002.jpg

=> une attaque de champignons sur pomme de terre (pas forcément du mildiou mais ça ressemble) : les maladies cryptogamiques sont favorisées par les temps humides et orageux. Autant dire qu'on y était en plein ! Les spores se déposent sur les feuilles et sont dispersés par l'eau et le vent (jusqu'à 60 km).

Si les spores tombent sur le sol, avec la pluie par exemple, elles s'attaquent aux tubercules...

Les moyens de lutte en agriculture biologique sont :

- une observation très régulière de l'évolution de la plante

- une bonne rotation des cultures

- un bon espacement des plantations pour que la plante respire

- un traitement à base de bouillie bordelaise (cuivre) qui agit en préventif puis bloque le champignon et évite sa dispersion [l'utilisation de la bouillie est limitée en volume en agriculture biologique]

Le mildiou peut s'attaquer à quasiment TOUTES les espèces.

En période où l'arrosage est nécessaire, il est important de priviligier un arrosage au pied (goutte à goutte) pour tout ce qui est tomates, melons...qui évite l'humidité sur la feuille qui favorise l'implantation et la dispersion des champignons.

Il est relativement foudroyant et est très difficile à enrayer ; il faut souvent enlever et bruler les sujets malades.

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=> présence de chenilles qui rentrent dans les tomates : à priori la "noctuelle du fruit" = chenille du papillon "noctuelle".

J'en ai pas mal. C'est extrêmement désagréable car les tomates sont bien développées, voire commence à murir et d'un coup elles sont transpercées par ces chenilles qui entrainent un pourrissement de l'intérieur.

Là j'ai décidé d'agir car il n'y a pas de solution auxiliaire à ce problème.

Je vais donc passer une préparation biologique à base de spores et de cristaux de la bactérie Bacillus thuringiensis. Un produit élaborer par la société BIOBEST (visitez leur site c'est vraiment très intéressant : http://www.biobest.be/ )

Dès que la chenille mangera un bout de feuille ou de tomate traitée, son systeme digestif va se bloquer et elle ne pourra plus s'alimenter.

=> Une larve de taupins appelé aussi "ver fil de fer" qui s'est attaqué à un plant de salade.

Le taupin est vraiment problématique en agriculture biologique car il n'y a aucun moyen de traiter le sol. Evidemment on tuerait les vers de terres et autres organismes vivants du sol.

Il se nourrit de racines de graminées donc adore les prairies et les sols plutôt humides !! alors quand on cultive juste derrière une prairie comme moi, avec un jolie printemps pluvieux, c'est chaud ! Je ne compte plus les plants de salades et de melons détruits.

Le taupin peut s'attaquer au jeune plants comme à des plantes adultes. Il se développe pendant 4 à 5 ans.

Il aime quasiment tout sauf oignons, poireaux, crucifères (choux). Personnellement je n'ai vraiment de très gros problème que sur les salades et les melons. Le reste c'est négligeable et fait parti de la perte normale en bio. Mais quand on a un pied de melon avec les fruits biens développés qui se retrouvent par terre dans la nuit, on enrage !!

Les solution :

- ne faire que des choux : je sais pas si vous serez d'accord !!

- mettre des patates coupées en 2, la partie coupées dans la terre, au milieu des salades, et relever le piège tous les jours : petit truc bon pour votre jardin mais difficile pour moi même si je l'ai fait avec des vielles patates pour voir : ça marche très bien !

- prendre son mal en patience, surveillez tous les jours et dès qu'on voit un plant mort, le sortir et chercher le taupin pour le détruire (il est pas loin !!)

- griffer la terre très régulièrement et surtout par temps chaud : les oiseaux en mangeront quelques uns, le soleil en grillera d'autres et les pontes n'aiment pas du tout se retrouver en plein soleil. Voilà mon gros travail de cet été !

- faire des rotations de cultures en alternant cultures "hôtes" (pommes de terre, salades, melons..) et "répulsifs" (choux, poireaux, oignons, engrais vert de type crucifère).

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L'autre gros problème actuellement est la pollinisation.

En effet, toutes les plantes qui font des fleurs puis des fruits (notamment tomates, melons, courgettes, aubergines, poivrons...) ont besoin d'être pollinisées par des insectes. Grosso modo il faut que des abeilles ou des bourdons passent des fleurs males aux fleurs femelles pour féconder et permmetre la formation du fruit.

Or, s'il fait trop froid, s'il y a trop de vent (30 km pour les abeilles), ces insectes ne sortent pas. Si pas d'insectes, pas de pollinisation, si pas de pollinisation, pas de fruits !!

Les solutions sont difficiles si les conditions atmosphériques ne sont pas là mais l'année prochaine j'essaierai de mettre en place une platebande de fleurs diversifiées de printemps à proximité pour favoriser l'arrivée des insectes. Néanmoins, je pense qu'il faut que les fleurs soient précoces et ne restent pas trop longtemps pour que les insectes se concentrent sur les plantations ensuite.

Etant donné que normalement j'aurai une serre, j'implanterai aussi au milieu de la serre une ruche de bourdon (vendu par BIOBEST). Je pense que le résultat doit être très intéressant.

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