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Article paru dans Sud-ouest et mettant en avant le principe des AMAP avec en exemple l'association Marjolaine, AMAP à Villenva d'Ornon.

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Des paniers militants
 
« Pain de campagne, bottes de persil, salade verte, poireaux, tomates et courge Butternot. » Le tout pour dix euros. C'est le panier du soir, ce mercredi à Villenave-d'Ornon, pour l'association Marjolaine, l'une des huit Amap actives sur le département.
Amap ? Ces associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, apparues au début des années 2000 dans le sud de la France sous l'impulsion d'Attac, travaillent à mettre en relation directe agriculteurs et consommateurs. A Villenave, Marjolaine existe depuis un an et demi, et rencontre un succès « au-delà de toutes nos espérances » selon les termes de Dominique Lafargue, la présidente. « On est partis à 17; aujourd'hui, on est 45. »

Solidarité. 45 familles ont en effet rendez-vous ce soir-là, entre 18 et 20 heures, dans la petite salle communale Daguin pour récupérer leur panier hebdomadaire. Les deux agriculteurs fournisseurs, basés dans le Médoc, sont là bien sûr, armés de leurs cagettes.
Ils composent chaque semaine un panier adapté à leurs récoltes. C'est l'un des principes de l'Amap : on ne consomme que des produits frais, de saison, si bien qu'en plus des paniers légumes, des paniers fruits rouges sont proposés l'été ou des paniers pommes de septembre à mars. « On doit s'adapter. J'ai découvert les choux chinois, les potimarrons... Je détestais les betteraves cuites, et voilà que je me trouve une passion pour les betteraves crues », raconte Hélène Bottaro, travailleuse sociale.
« On accepte la composition du panier, qui est toujours une surprise, ainsi que sa densité : parfois, il n'est pas plein car il y a eu des intempéries et ça fait partie du jeu... L'objectif, c'est vraiment d'être dans une consommation raisonnée, relocalisée », note Gaëlle Bertonèche, militante des systèmes d'échanges locaux, du covoiturage et « relais Amap » en Gironde.
La « solidarité » avec les agriculteurs passe même par quelques après-midi dans les champs. « On donne un coup de main. Samedi dernier, il y avait un chantier pommes de terre : plusieurs membres de l'Amap sont allés ramasser des patates, et il arrive qu'on aille désherber », relève l'infirmière Marie Guinaudeau. Ce soir elle est venue chercher son panier à sa sortie du yoga et parle de recettes, d'aubergines, de la mystérieuse courge Butternot ou encore d'un tout récent magasin bio ouvert sur Villenave, avec les autres « amapiennes » et « amapiens » qui disent toutes et tous apprécier ce moment du panier pour « sa convivialité ».

Paniers prépayés. La convivialité, c'est aussi la vertu que saluent les deux jeunes agriculteurs en contrat avec Marjolaine, Grégory Hullot, exploitant à Naujac, et David Couronneau, maraîcher bio à Saint-Laurent-Médoc, fournisseur de quatre Amap en Gironde. « Le grand avantage, c'est qu'on connaît les clients. On les voit une fois par semaine et ils viennent nous donner un coup de main de temps en temps à l'exploitation. On apprend à se connaître, ça change tout. »
Sur le plan financier, le maraîcher assure écouler chaque semaine avec Marjolaine l'équivalent d'« un volume vendu chez un petit grossiste ». En plus, les paniers sont prépayés : chaque amapien doit en effet payer une saison (de trois à six mois) à l'avance, ce prépaiement étant un gage de ressources stables pour les agriculteurs. « Les prix correspondent grosso modo à nos tarifs en vente directe, assurent Grégory Hullot et David Couronneau. C'est moins cher que dans les marchés, car il y a moins de frais, notamment de plaçage. » 

Les agriculteurs fournisseurs composent les paniers à partir de leurs propres productions comme ici à Villenave-d'Ornon avec l'association Marjolaine

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